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Bienvenue

Bienvenue sur ce blog, qui rassemble un peu toutes mes activités de la toile !

Je viens de commencer une nouvelle histoire : Dans le miroir. A suivre depuis la Catégorie du même nom.
En parallèle, j'écris plein de petits textes en vrac, et je publie quelques griffonnages presque potables...

Bonne visite,
Löwely
Lundi 18 août 2008

Le soir commençait à tomber, et Tom, pris d’un doute, s’arrêta brutalement.

- Je retourne au manoir !

- Tu ne crois quand même pas à cette légende, se moqua Tom.

Le jeune homme faillit attaquer l’inspecteur. Il commençait vraiment à en avoir marre d’être pris pour un imbécile par ce sale type.

- M’en fous. Vous n’avez pas besoin de moi ! grogna-t-il en repartant en sens inverse.

Sa mère tenta de le convaincre, mais elle renonça et s’enfonça plus avant dans les bois avec Erich Lefranc.

Le rockeur reprit sa route, courant en sens inverse, il fulminait.


Thomas et Bill arrivèrent en vue du manoir. Le blond jubilait. Il tira un coup sec sur le licol de son prisonnier et se précipita vers la chapelle. Bill s’en étonna :

- Mais… Cette chapelle est fermée à clef ! Et pourquoi m’amènes-tu là ?

- Tu verras bien, sourit Thomas.

Il sortit une petite clef, décadenassa la porte et poussa l’androgyne à l’intérieur. Rapidement, il emmena Bill vers le sarcophage situé au beau milieu de la pièce. Il força Bill à s’étendre à l’intérieur et remit le couvercle en place.


Erich et Simone arrivèrent en vue d’un cabanon vétuste.

- Silence ! ordonna l’inspecteur.

Ils s’avancèrent à pas de loup et contournèrent le bâtiment. Le chien se réveilla et bondit sur eux !

Mme Kaulitz poussa un cri strident et s’écroula sur le sol. Heureusement, la longe de la bête était courte et solidement attachée.

De son côté, Erich Lefranc ne prêtait pas plus d’attention à l’animal qu’à la femme affolée, il se rua vers la porte de la cabane et plaqua Dana sur le sol.

- Maintenant, vous allez vous expliquer !

Il serra plus fort encore le bras de sa prisonnière que cette dernière gémit :

- D… D’accord. Mais lâchez-moi ! Vous me faites mal !

L’inspecteur se redressa, forçant la jeune femme à se relever elle-aussi.

- Expliquez-vous !

- Je… D’accord ! On a effectivement enlevé B… Bill.

- Qui ça, « on » ?

L’homme gifla Dana avec violence. Il manqua de s’étouffer sous le choc.

- Mon… Mon frère et moi… THOMAS ! Il s’appelle Thomas ! Je… Il voulait le capturer pour l’exorciser ! Il voulait un androgyne… Et Bill faisait l’affaire…

- Où l’a-t-il trouvé ?

- Au pensionnat…

- QUEL PENSIONNAT ?

L’inspecteur perdait patience ; il faillit frapper à nouveau sa prisonnière, mais Simon Kaulitz s’interposa.

- Au pensionnat du Pic Glacé… Le Directeur avait tenté de le kidnappé… Je ne savais pas qu’il y avait un rapport… souffla-t-elle. Jeune fille, où est mon fils ?

- Je… Je sais pas… Thomas a dit qu’il comptait l’emmener à… la Dame de la Forêt.

Erich Lefranc ordonna à la mère de Bill d’aller chercher une corde dans la cabane et il attacha les bras de Dana dans son dos.


LA DAME DE LA FORÊT
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Lundi 18 août 2008

Thomas aperçut enfin Bill, qui s’était foulé la cheville dans un rapide. En deux enjambées, il fut sur lui et lui attacha solidement les mains dans le dos avant de lui passer un licol.

Épuisé et perdu, l’androgyne se laissa faire. Il en avait assez de ne pas manger, de fuir et de se faire frapper. Dana observait la scène sans exprimer la moindre émotion. Elle commençait à en avoir assez de voir le jeune gothique s’échapper et leur compliquer la tâche. De plus, son interrogatoire l’avait beaucoup secouée, et elle se mit à douter des motivations de son frère, dont elle ignorait tout, au final.

Thomas se rendit vite compte des doutes de sa sœur, il lui confia la laisse du chien et lui conseilla de rentrer au plus vite.

- Va te reposer, tu en as assez fait pour aujourd’hui.

La jeune femme se saisit de l’animal et disparut aussitôt. Une immense lassitude l’avait peu à peu envahie, et elle avait hâte de se blottir dans un bon lit douillet.

Thomas sortit une boussole, prit le licol de Bill de l’autre main, et se mit en marche.

- où va-t-on ? demanda faiblement le prisonnier.

- Au manoir, mon mignon. Et tu vas rester sage, sinon je te défonce la gueule !

L’androgyne se tut aussitôt et il se contenta de suivre docilement son nouveau maître.


Erich Lefranc et Simone Kaulitz discutèrent un moment, sans tenir compte de Tom qui jetait des regards inquiets vers la chapelle. Finalement, Erich sortit une boussole de sa poche et désigna l’Est.

- S’il est allé vers la rivière, il doit encore y être maintenant ! Dépêchons-nous !

Les deux adultes s’enfoncèrent dans la forêt, suivis par un Tom hargneux. Ils marchaient rapidement, sans prendre garde aux ronces qui leur écorchaient les chevilles.


Dana arriva finalement à la cabane. Elle attacha le chien à un arbre et alla s’écrouler sur le sofa, à l’intérieur. Elle s’assoupit presqu’aussitôt, fauchée par la fatigue.

Dehors, le gros chien s’était lui aussi allongé. Mais il veillait, et protégeait efficacement sa maîtresse de tout intrus indésirable.


Thomas tirait Bill sur le chemin. Il monologuait allégrement, ravi de son succès prochain.

- Je devrais quand même te raconter la fin de la légende. Tu sais, je la connais par cœur ! J’ai mis si longtemps à trouver le meilleur sujet pour cette expérience… Mais tu verras, ça vaudra la peine ! … Alors écoute.

Bien que Bill n’ait pas dit un mot depuis au moins dix minutes, Thomas attendit un signe d’assentiment de sa part. Lassé du mutisme de son prisonnier, il commença à réciter :

- Après quelques années, un jeune homme architecte, dont le physique laissait apparaître une certaine féminité, malgré son accoutrement, arriva au village. Heureux et fier, le très vieux prêtre accueillit avec joie son enfant de retour, et lui confia aussitôt la tâche de bâtir une chapelle à la Vierge près du vieux manoir où il avait trouvé la jeune femme la première fois.

Celle-ci s’acquitta de sa tâche et fit construire une magnifique chapelle dans les bois. Le curé s’y rendit bientôt, suivi de son successeur car il se faisait vieux, et, aidé de la jeune femme, il dédia le bâtiment presque achevé à la Vierge Marie. Il la remercia tant et si bien qu’une très belle Dame apparut devant eux. Sous le choc, le vieillard s’écroula sur le sol, serein à l’idée de son sort futur. L’autre prêtre, qui était resté, dehors se cacha dans un coin.

- Insolente enfant ! Tu dois ta survie et ton don à moi ! Et pas à une quelconque vierge effarouchée ! Je suis une Fée ! Je suis la Dame de la Forêt ! Je veille sur ses lieux depuis des temps immémoriaux.

La Dame s’approcha de la jeune femme et lui arracha ses habits masculins…


LA DAME DE LA FORÊT
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Lundi 18 août 2008

Tom se redressa d’un coup, il heurta une poutre de la tête mais n’en tint pas compte.

Il savait POURQUOI on avait enlevé Bill ! Pour que l’esprit se réincarne dans son frère…

D’un bond, il sauta par la trappe sur le lit et dévala les escaliers en catastrophe. Il dérapa avec une grande maîtrise sur le sol de l’entrée et décrocha le téléphone.

- Hallo ? Mr. Lefranc ? Je sais pourquoi on a enlevé Bill ! Rentrez vite !


Thomas se mit à jurer lorsque son chien s’arrêta. Ils étaient au beau milieu de nulle part et son sale clebs refusait d’aller plus avant. Dana observa un instant l’animal qui piétinait, puis elle se tourna vers son frère avec un grand sourire.

- Tu sais quoi ? Je sais pas où il est allé !

Elle s’approcha du bloc erratique le plus proche, le contourna et se dirigea vers le suivant. Thomas la suivit sans comprendre.

- Comment peux-tu savoir par où il est allé ?

- C’est une question de flair, se moqua Dana. Bill ne s’est pas envolé, il s’est contenté de sauter d’un bloc à l’autre pour nous semer.

Le blond ne comprenait pas la logique de la chose, mais il suivit sa sœur sans plus protester.

- Ouh ! Il est malin le petit, gazouilla Dana en s’arrêtant près d’une jolie rivière.

Le chien se mit aussitôt à renifler avec insistance la parcelle de terre où Bill avait sauté.

- Le courant est fort, il a forcément descendu la rivière.

Les deux kidnappeurs se mirent à courir le long de la rivière. Ils touchaient au but !


L’inspecteur et Mme Kaulitz arrivèrent bientôt au manoir. Tom les attendait sur le pas de la porte, impatient.

- M’man ! M’man ! Bill va être sacrifié ! Je t’assure ! Sacrifié !

Erich Lefranc posa une main rassurante sur l’épaule du jeune homme terrifié.

- Du calme. Qu’est-ce que c’est que cette histoire de sacrifice ?

Tom résuma ce qu’il savait de la légende, puis il parla de l’extrait du journal et il conclut que son frère serait sacrifié probablement ce soir…

- Pourquoi ? demanda Erich, qui parcourait la lettre des yeux.

- Parce que c’est la pleine lune !

- Tu sais, Tom. Aimé Lefranc était mon grand-père. Il a vécu dans un asile depuis ces 20 ans… Il avait aidé des juifs pendant la guerre et avait dû se cacher, laissant sa femme et mon père seuls. Il nous est revenu complètement fou et est mort il y a une dizaine d’année.

- Peut-être que c’est à cause du fantôme !?

- En fait, on l’a retrouvé dans la chapelle. Il avait mis une robe de femme et s’était enfermé dans le sarcophage après avoir allumé de nombreuses bougies. Il a failli y rester.

Simone hocha la tête.

- Cette histoire ne tient pas debout. De notre côté, nous avons trouvé de vraies informations : Bill se serait dirigé vers la rivière en quittant le bar, suivi par Dana. On a intérêt à chercher dans cette direction.


LA DAME DE LA FORÊT
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Lundi 18 août 2008

Le galetas était presque complètement vide, à l’exception de quelques nids d’oiseau. Il tomba finalement sur une tout petite malle, coincée dans un coin. Il l’ouvrit et en sortit une très vieille robe défraîchie. Il la sortit et la tint devint lui.

La robe était très douce, et de grande qualité.

- Elle a dû appartenir à une Dame exceptionnelle, songea-t-il.

A cet instant, un petit morceau de papier tomba d’une des dentelles et se posa doucement sur le sol. Tom lâcha la robe et saisit le papier avec avidité.

Quelque chose lui disait qu’il touchait au but !


18 Mars 1941

Les nazis sont en train de fouiller le manoir. Heureusement, ils ignorent si je suis là où pas… J’espère qu’il n’arrivera rien de mauvais à mes protecteurs. Ils ont pris tellement de risques.

Pour tromper l’ennui, j’ai commencé à lire un livre de légendes. La plus intéressante concerne la chapelle qui est tout près. Elle parle d’un androgyne qui devra être sacrifié dans la chapelle et d’un fantôme qui hanterait ce manoir…

Et justement, j’ai croisé une âme dans le corridor, l’autre soir. Je n’arrivais pas dormir à cause de la pleine lune et je l’ai vue qui longeait les murs avec une figure triste. Mais je n’aurais su dire s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme. En plus, j’avais beaucoup bu, alors peut-être que ce n’était qu’un rêve.

Il semblerait que les SS repartent… Je dois pouvoir descendre maintenant.

Aimé Lefranc.


Bill s’arrêta pour faire une pause. Il se trouvait à proximité de plusieurs rochers moussus et il songea sérieusement à rebrousser chemin avant de se perdre définitivement.

Un hurlement de chien déchira le silence ambiant, glaçant le fugitif jusqu’au sang.

- Thomas a un chien ? haleta-t-il.

Il se rendit compte que le blond n’aurait plus aucune peine à le retrouver. Il observa les arbres alentours et réalisa brusquement qu’il avait encore une chance.

D’un bond souple, il grimpa sur un premier rocher, puis sauta sur un deuxième et ainsi de suite. Les blocs étaient hauts, et il faillit tomber à plusieurs reprises. Finalement, il arriva jusqu’à ce qu’il cherchait : une rivière qui serpentait à vive allure entre les reliefs du terrain. Il sauta à terre et alla se tremper dans l’eau.

Ainsi, le chien perdrait sa trace. Satisfait, Bill suivit le courant, trébuchant régulièrement.


LA DAME DE LA FORÊT
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Lundi 18 août 2008

Thomas s’était rapidement réveillé : Bill n’avait pas beaucoup de force. Il avait appelé quelqu’un et, vingt minutes plus tard, un jeune homme maigrelet lui avait amené un gros pitbull particulièrement agressif, mais bien dressé.

Reconnaissant son maître, l’animal sauta sur Thomas et entreprit de lui lécher la figure. Thomas remercia le conducteur en lui glissant un billet et le congédia. Disposant ainsi d’une nouvelle arme, il alla chercher les cordes à Bill et les fit renifler à son limier.


Tom entra dans la chambre à son frère et s’écroula sur le lit. Il se sentait bien seul et perdu sans son jumeau… Il ferma les yeux… Et les ré-ouvrit aussitôt !

Là, juste au-dessus de sa tête, Tom voyait une trappe très discrète qui se découpait à peine dans le plafond boisé. Il se redressa et poussa le battant de bois qui céda sans résistance.

Ca commençait à devenir intéressant.


Dana arriva juste à temps pour voir son frère partir avec le chien. Elle sauta de la voiture et courut le rattraper. Où était donc passé Bill ?


Tom se glissa dans l’ouverture et se retrouva bientôt sous le toit. Les tuiles qui étaient tombées formaient des fenêtres improvisées où vent et lumière entraient sans se gêner. Malgré le froid, Tom se mit à inspecter l’endroit. Il se rendit bien vite compte qu’il avait intérêt à ne marcher que sur les poutres s’il ne voulait pas traverser le plancher…


Erich Lefranc et Simone Kaulitz traversaient maintenant le village d’un pas lourd.

- Vous savez, Madame, nous avons encore bien des chances de le retrouver. Il s’est sûrement perdu.

- Mon Bill a l’art de s’attirer des ennuis…

La place n’était plus déserte. Deux filles s’amusaient à lancer des cailloux dans la fontaine et un vieil homme nourrissait son chien un peu plus loin. Erich s’approcha d’abord des enfants et leur posa quelques questions, puis il fit de même pour le vieil homme avant de revenir vers Mme Kaulitz.

- Les filles n’ont rien vu, mais elles ont entendus parler d’un gothique allemand qui logerait au manoir. C’est tout. Quant au vieillard, il vient de se lever et il dit que son chien doit en savoir plus long que lui.

L’inspecteur semblait au bord du découragement.

- Allons voir au bar de « La Dame de la Forêt », proposa-t-il en désespoir de cause.


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Lundi 18 août 2008

Bill était complètement perdu. Il venait d’arriver à un énorme bloc erratique qui gisait entre les arbres…

- Je suis perdu !

Il ne se souvenait absolument pas d’être passé par là. Le brouillard commençait à se lever, et il réalisa qu’il avait suivi la lune ronde plutôt que le soleil… Ce dernier brillait haut dans le ciel, ne lui fournissant plus aucune indication.

- Tu veux que je reste là ? C’est ça ?

Bill hésita un temps, puis il se rappela que Dana l’avait retrouvé la dernière fois… Je continue à marcher, décida-t-il.


Simone Kaulitz avait été avertie que la dernière personne à avoir vu son fils était au poste. Elle s’y rendit immédiatement, laissant Tom seul au manoir.

Elle fut en cinq minutes devant le bâtiment et, trente secondes plus tard, elle se retrouva face à une jeune femme blonde terrifiée.

- B… Bonjour, balbutia cette dernière.

- Qui êtes-vous ? Où est mon fils ?

- Je m’appelle Dana Mc Green, souffla-t-elle.

- OU EST MON FILS ? tempêta Mme Kaulitz en saisissant Dana par sa veste.

Erich Lefranc intervint aussitôt et sépara les deux femmes qui s’empoignaient.

- Du calme. Mme Kaulitz, la jeune Dana n’est pas soupçonnée dans la disparition de votre fils.

Mais cette dernière était trop en colère pour écouter quoi que ce soit. Elle se tourna vers Dana et commença son interrogatoire :

- Quand l’avez-vous vu pour la dernière fois ?

- Vers onze heures, je dirais.

- Où ?

- Sur la place du village.

- Pourquoi ?

Cette fois, Dana se tut. Elle leva un regard blessé vers son adversaire et balbutia entre deux sanglots.

- Il m’a rejetée comme… comme si j’étais i… immonde… Alors je… l’ai ramené au village… Et je suis partie.

Elle fondit en larme. Simone Kaulitz se radoucit brusquement.

- D’accord. D’accord. Mais par où est-il parti ?

- Je sais pas… Vers sa voiture sans doute.

L’inspecteur soupira.

- Bon. Je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Dana, laissez-moi votre numéro de téléphone. Je vais aller interroger les villageois.

Dana se hâta vers la sortie et retourna au magasin, la mine défaite. Elle dut faire des efforts considérables pour ne pas montrer sa fierté.


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