Bienvenue
Je viens de commencer une nouvelle histoire : Dans le miroir. A suivre depuis la Catégorie du même nom.
En parallèle, j'écris plein de petits textes en vrac, et je publie quelques griffonnages presque potables...
Bonne visite,
Löwely
Sam poussa Kirke dans le van Kaulitz et l'enferma dans le coffre. Il se sentait rassuré et fier, terriblement fier.
Lui, le petit rouquin dont on se moquait, il venait de terrasser son pire ennemi.
Bien, il ne lui restait plus qu'à attendre le retour des jumeaux et ils partiraient tous ensemble.
Il tourna la clef de contact et entreprit de garer soigneusement le véhicule près de la porte d'entrée en prévision d’une fuite d’urgence.
Tom se calmait peu à peu. Sur le coup, il avait complètement paniqué, mais le calme le rassura peu à peu... Surtout, les cris du majordome avaient cessés, et il pouvait donc tranquillement se remettre les idées en place.
Objectif n°1 : retrouver Bill.
Objectif n°2 : se barrer en vitesse.
C'était un programme simple et efficace, comme il les aimait. Il se releva et posa ses mains contre le bois de la porte, pour l'ouvrir. Il se mit à tâtonner pour trouver la poignée
Thomas regardait avec ravissement le pauvre Bill qui gisait sur le sol, blessé et vulnérable.
- Alors, mon coeur... Tu ne veux plus de moi ?
Il s'approcha rapidement et défit les liens de l'allemand. Ce dernier s'avachit un peu plus sur le sol, semblant incapable de bouger. Thomas lui souleva délicatement le menton.
- Regarde dans quel triste était tu t'es mis... Tu es beaucoup moins mignon, c'est dommage...
Il s'avança un peu plus, entortillant les mèches noires de son vis-à-vis entre ses doigts.
- J'aurai beaucoup moins de regrets à te torturer, si tu ne coopères pas...
- Was willst du ? Articula péniblement Bill.
- Ce que je veux ? Je veux un corps de rêve, toutes les filles à mes pieds. Je veux vivre heureux et sans aucun souci... Je veux... Je veux...
Le majordome s'était relevé et il dessinait dans l'air des silhouettes féminines et des carrosseries splendides. Bill en profita. Il se redressa et saisit le pied d'un des lits, qui s'était détaché.
Dans un ultime réflexe de survie, il frappa violemment la tête du blond au niveau du cou.
Le géant blond s'affala sur le sol, inconscient.
Le jeune androgyne s'écroula parterre, terrassé par l'effort.
Il n’y avait pas de poignée à l’intérieur du placard ! Tom devenait franc-fou. Il se démenait contre la porte, essayant de l'ouvrir, de la casser, tout ! Il avait tout tenté et cette porte de placard résistait à toutes ses tentatives, même les plus féroces.
Le directeur semblait satisfait de sa récolte. Il avait amassé toute une série de faux documents, doublée de quelques instruments utiles à l'espion, mais surtout, il avait retrouvé la mallette contenant de l'argent liquide en grande quantité.
Il se redressa comme il le pouvait – à cause du toit - et s'épousseta rapidement. D'un geste souple, il sortit son téléphone portable et appuya longtemps sur la touche 2. Deux sonneries. On répondit.
- Kirke ? Ramène le gosse, je prends les documents et on file !
Il éteignit son téléphone et entreprit la pénible tâche qui consistait à redescendre l'échelle...
Il n'était pas encore en bas.
Tom s'était rassis et il frappait maintenant en cadence le bas de la porte sans poignées.
Boum, boum.
Boum, boum.
Quelqu'un viendrait forcément le délivrer... Forcément.
Thomas entraînait toujours Tom avec lui, il passa une première porte, puis une seconde et s'immobilisa au pied d'une longue échelle... qui n'avait aucune raison d'être là !
Dérouté, le blond entreprit de scruter l'ouverture béante dans le plafond de la bibliothèque. Pourquoi quelqu'un était-il monté là-haut ? Le majordome ignorait tout des noirs projets de ses compagnons, il était grassement payé et cela lui suffisait.
Il mit ses mains en porte-voix et appela :
- Il y a quelqu'un ? Ohé !
Un coup sourd fit trembler les lampes et les murs. Visiblement, il y a avait quelqu'un, et ce quelqu'un ne l'attendait pas. La tête bouffie du directeur passa par la trappe.
- Thomas ! Que faites-vous là ?
- M.... Monsieur le Directeur ? Excusez-moi, j'ignorais que c'était vous... bredouilla le fautif, terrifié.
- NE ME DERANGEZ PAS SANS BONNE RAISON ! martela son supérieur, furieux.
- Mais... Je... Je vous amène le frère du nou... nouveau, Bill !
Thomas réalisa brusquement deux choses : Bill devait être la proie d’un étrange complot, et surtout, Tom n'était plus là !
Il se retourna, livide, mais ne vit personne à ses côtés.
Bill avait repris conscience, péniblement. Ses membres le faisaient souffrir et il ne voyait plus que d'un œil. Il tenta de bouger ses poignets mais ceux-ci étaient fermement attachés et il dût rapidement renoncer, impuissant. Sa situation lui rappelait son séjour à l’infirmerie… Mais il doutait de s’en sortir sans casse, cette fois…
Aidé de la faible lumière de la lune, Sam ligotait soigneusement un Kirke évanoui et désormais inoffensif. Il s'appliquait à serrer étroitement les liens autours de ses poignets et de ses jambes. Curieusement, il s'appliquait pareillement en tout, que ce soit pour écrire un brouillon, pour ranger impeccablement sa chambre ou pour attacher un géant blond et méchant dans un parking plongé dans l'obscurité.
Il jubilait.
De son côté, Tom courait ventre-à-terre dans le couloir du premier étage. La peur lui coupait le souffle et il avait retrouvé des instincts animaux : fuir, survivre.
Son frère lui était temporairement sorti de l'esprit. Temporairement. Il trouva finalement refuge dans un placard vide et s'assit dans la poussière, tremblant.
- Bill ! Oh, Bill ! Was passiert hier!? Hilf mir, bitte.
Le Directeur avait recommencé à fouiner dans son coin sombre à la recherche des outils adéquats. Sous les combles, l'obscurité était presque totale et la poussière en suspension voilait l'éclairage de la lampe de poche. Couvert de suie, il ouvrait et repoussait successivement les cartons qui se présentaient à lui. De temps à autre, il dénichait un dossier, une mallette ou un autre objet qu'il fourrait dans un panier avant de reprendre sa tâche.
Thomas arpentait les couloirs de tout le bâtiment, ouvrant les portes à la volée.
- Enfoiré ! Reviens si t'es un homme ! Allez ! REVIENS !
Fou. Il était devenu complètement fou, ivre de rage.
Il arriva devant la porte arborant le chiffre 102 et envoya un coup de pied dedans. Silence. Il crut distinguer un gémissement.
- Bill ? C'est toi ?
Sa voix tremblait et il hésita à entrer.
-Tom... Hilf... entendit-il.
D'un coup décidé, il propulsa tout son corps dans la porte et s'écroula sur le sol de la chambre. Bill le regarda arriver avec un œil rond de stupeur - l'autre refusant de s'ouvrir.
- Je te cherchai ! siffla le majordome en se relevant.
LE ROMANAprès une bonne minute de tâtonnements, le jeune allemand trouva l'interrupteur et appuya fermement dessus. Une lumière douce et régulière envahit la pièce, baignant les meubles et le jeune Tom Kaulitz dans un mélange savant d'ombre et de lumière,
Quelqu'un traversa bruyamment le corridor. Tom s'immobilisa un instant, puis, jugeant le danger éloigné, il s'approcha du bureau et en ouvrit les tiroirs. Le premier contenait un bazar d'où s'échappait une odeur de pourriture répugnante. Il le referma aussi sec et entrouvrit le tiroir du dessous. Rapidement, ses doigts parcoururent les dossiers entassés là et il dénicha celui de son frère, coincé dans un coin.
« Bill Kaulitz, 18 ans, nouvel arrivant, chambre 102, parfait »
Il ne lut pas plus loin. Quelqu'un avait griffonné ses mots en haut de la fourre de protection... « Parfait » ? Pourquoi son frère était-il « parfait » ?
Il reposa le dossier et retourna dans le corridor. Chambre 102.
Le directeur courait en direction de la bibliothèque. Son gros ventre propulsé vers l'avant l'entraînait vers le sol et il haletait violemment sous l'effort.
Il parvint finalement à atteindre son objectif et se dirigea d'office vers une étagère un peu à l'écart, d’où il exhiba une longue perche. Il s'en servit pour ouvrir la trappe au plafond et descendre l'échelle, puis l’opulent personnage escalada péniblement les quelques marches et disparut dans le plafond.
Bill gisait toujours dans la chambre, inconscient du drame qui l'attendait...
Thomas, en revanche, avait repris conscience et comptait bien faire payer l'androgyne pour la raclée qu'il venait de se prendre.
Tom appela l’ascenseur. Comme il ne venait toujours pas, il se résolut à trouver un escalier : peine perdue. Il revint vers la cabine aux murs de miroirs qui l’attendait sereinement. Il entra et appuya sur le bouton du premier. La machine s’ébranla, s’immobilisa à nouveau et rejeta finalement son passager hors de ses murs réfléchissants.. Personne. Tom scruta attentivement le couloir, avisa la chambre 102, située une dizaine de mètres plus loin, et s'en approcha à pas de loups. Il colla son oreille contre la porte. Aucun bruit ; il ne savait pas trop comment prendre la nouvelle.
Doucement, il fit tourner la poignée, s'attendant à tout moment à ce qu'elle s'ouvre. La porte ne s'ouvrit pas. Perplexe, Tom pesa plus fort et il essaya même d'enfoncer la porte sans succès. Quelqu'un l'avait fermée à clef, pourtant, le rouquin n'avait pas mentionné ce détail. En même temps, il n’avait rien dit de compréhensible pour le pauvre Tom.
Bill avait-il quitté la pièce ou était-il la derrière, à l'attendre ?
Tout à son indécision, l’allemand ne vit pas une ombre massive s'approcher de lui. Il se retrouva brusquement plaqué contre la porte, incapable du moindre mouvement.
Thomas, le visage tordu dans un rictus douloureux, tenait fermement sa proie.
- Tu ressembles beaucoup à ton frère, tu sais ? Finalement, je pourrais tout aussi bien me venger sur toi... En plus, Bill doit déjà avoir été sacrément démoli !
Il força son prisonnier à mettre ses mains dans son dos puis il se dirigea vers la bibliothèque d'où il venait, traînant Tom dans son sillage.
- Arrêtez, s'il vous plaît ! Hilfe ! Gémissait ce dernier, incapable de se défendre.
- Silence, l'allemand ! Garde ton souffle pour plus tard !
Son sourire était sadique et la suite ne présageait rien de bon... Mais le prisonnier n’était pas à même de comprendre ces menaces.
Kirke était sorti de l'internat du Pic Glacé et il s'avançait en sifflotant vers le parking. En arrivant devant un bus rouge qui attendait sagement là, il lança ses clefs en l'air et rata son coup. Un cliquetis lui indiqua bientôt que le trousseau gisait à sa gauche, sur le bitume. Il jura et se pencha pour le ramasser. Sa main ne rencontra que le vide.
Il se mit alors à quatre pattes et entreprit de fouiller méticuleusement le noir de la nuit.
Quelqu'un le frappa et il s'écroula sur le sol, évanoui.
- Sale con ! Comme si j'allais te laisser t'en sortir ! grogna l’agresseur derrière lui.
- Qui es-tu ? Tom ? Tu es le frère de Bill ! C'est incroyable ! Oh la la ! Mais ils viennent de capturer Bill, ils veulent... Ils veulent une rançon ! Oui, c'est ça ! Une rançon !
- Inkrooooyable !? Répéta Tom Kaulitz, éberlué.
Son niveau de français était bien moins bon que celui de son jumeau et là, il était visiblement complètement largué.
- Où est Bill ?
- Il y a Kirke, une brute, qui l'a capturé et qui ne le rendra que contre une rançon, contre de l'argent. Tu comprends ?
- Geld !? … WAS ?
Cette fois, Tom avait percuté, il oublia le rouquin et dirigea son regard vers la fenêtre encore ouverte.
- Comment je fais pour aller lui aider ?
- Ils veulent l’emmener pour faire quelque chose… Une histoire de rançon, de malédiction… Je n’ai pas compris… Mais il leur faut Bill !
- Bill… Pourquoi ?
- Parce que Kirke veut de l'argent ! Enfin, je suppose. Mon p... Le directeur l'aide... Et moi je suis bloqué ici à cause de lui.
Sam soupira, se leva et se dirigea vers la voiture, la tête basse.
- Où vas-tu ? demanda abruptement Tom.
- Je n'y retourne pas, c'est trop dangereux ! J'en ai marre, moi.
Le jeune rockeur abandonna le froussard, remit sa capuche en place et se dirigea vers la lourde porte d'entrée que Bill avait franchie quelques jours plus tôt.
- Sei mutig, Bill ! Ich komme !
Dans la chambre, l'atmosphère était des plus tendues. Bill gisait sur le sol, les mains attachées dans le dos, les vêtements déchirés et maculés de sang. Kirke s'était efficacement défoulé sur lui, les yeux emplis de haine.
- Salope ! Chienne ! Répétait-il entre ses dents alors qu'il le frappait violemment.
L'allemand avait perdu connaissance et il se résignait déjà à son triste sort.
Après un temps infiniment long, le suédois abandonna sa victime et sortit dans le couloir. Son prisonnier était proche du coma et solidement fixé au lit, il ne craignait pas de le voir s'envoler !
Tom poussa la porte et se glissa dans le long couloir marbré. La porte d'entrée était ouverte et toutes les lampes étaient allumées. Il y avait anguille sous roche.
Il accéléra et traversa le corridor d'un pas anxieux. A priori, il devait monter au premier. Et si Bill avait été emmené ailleurs ? Il traversa presque en courant la distance qui le séparait de l'ascenseur et du bureau du directeur.
Des pas.
Il poussa la première porte disponible, en chêne, et se réfugia dans une pièce sombre et referma la porte derrière lui.
- Je l'ai eu ! Il a morflé, le sale clebs !
- Où tu l'as laissé ?
- Dans sa piaule ! Allez, on passe à la suite.
- Va chercher le bus ! Le rouge, hein ! Je vais prendre le matériel !
Quelque pas, des bruits sourds. Puis le silence.
Tom s'écarta du mur contre lequel il était plaqué et percuta l'angle d'une table.
Il jura et s'immobilisa, perdu dans l’obscurité.
LE ROMANHeureusement, les pas s'éloignèrent finalement, dans un bruit léger de fin des temps. Bill s'écroula sur le lit, soulagé. Il tentait en général de prendre toutes les situations le plus positivement possibles car il supportait mal la pression, mais là, c'était beaucoup trop pour sa pauvre personne.
Son regard se posa sur ses affaires éparpillées sur le sol, puis sur la corde tendue à travers la pièce et il se mit à fixer la demi-lune qui régnait sur son bout de ciel noir. Elle avait bien de la chance, elle, de n'avoir personne contre qui lutter.
- Pssst !
L'allemand fit un bond, terrifié. Il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits. Kirke, Sam et Tom se mirent à danser devant ses yeux. Il les chassa d'un geste et s'approcha de la fenêtre ouverte. Le sol était vraiment beaucoup plus bas... Bill rejeta cette idée loin de son esprit et passa une jambe dans le vide... Il hésita : la chute serait mortelle et il se sentait particulièrement affaibli par le stress et le manque de sommeil.
- Et s’ils ne me voulaient pas de mal ? songea-t-il un instant.
En-dessous de lui, Sam s'agitait. Il craignait de se faire voir et sautait sur place en attendant son compagnon.
Bill se crocha à la corde et bascula dans le vide. Un bref instant de chute suivi d'une violente douleur dans les bras. Il était dans l’air, suspendu à une corde... d'une seule main. Il faillit lâcher prise mais ce retint juste à temps en plaçant ses pieds sur le rebord d'une fenêtre en dessous.
Au sol, le rouquin s'impatientait... Il faisait des gestes insensés tandis que Bill descendait laborieusement le long de la corde, sa tête le lançait violemment et il ferma les yeux un instant.
Surpris par un mouvement imprévu de la corde, il rouvrit les yeux et chercha le rouquin du regard. Ou était-il ? Une nouvelle secousse, plus brutale, lui arracha un cri.
Quelqu'un le remontait ! Kirke !
L'allemand paniqua et se mit à descendre le plus vite possible. Il faisait du sur-place où presque.
- Sam ! Hilfe ! Tom ! Hurla-t-il, terrifié.
- Te fatigue pas, gamine ! Tu vas passer un sale quart d'heure ! vociférait la brute qui le remorquait malgré lui.
Bill s'accrochait désormais à l'extrémité de sa corde, les pieds dans le vide. Il hésita un instant ; il pourrait tout lâcher : il n'était qu'à six mètres du sol, après tout.
En dehors de Sam, une autre personne observait la scène avec un mélange de peur et de soulagement. Abrité dans un van noir, son visage était couvert par un épais manteau noir, et il agitait nerveusement les clefs du véhicule.
- Dummy ! Warum fliehst du so? Es ist zu gefährlich !
L'inconnu regarda l'allemand disparaître par la fenêtre de laquelle il tentait de fuir. Il lâcha les clefs de contact et alla rejoindre l'autre fugitif qui se cachait derrière un fourré.
Sam, le rouquin en question, ne savait pas quoi faire. Il venait de voir son compagnon disparaître par la fenêtre, et son cœur battait la chamade. Il faillit faire une attaque lorsqu'une main se posa sur son épaule.
- Tu as moi appelé ?
L'inconnu dégagea sa tête et dévoila une tête fine, en tout point semblable à celle de son frère, sauf qu'il arborait de longues dreads soigneusement arrangées.
Rapidement, Bill fit le tour de la pièce. La seule fenêtre donnait sur dix mètres de vide. Il rebroussa chemin et s'arrêta devant les corps meurtris...
Il avait surestimé les dégâts de la bataille, les quatre hommes n'étaient que blessés et ils ne tarderaient pas à reprendre leurs esprits.
Seul Thomas semblait particulièrement amoché, sa tête était couverte de sang et son bras gauche était bizarrement tordu. L'allemand frissonna de peur et s'éloigna aussi vite que possible, sans regarder derrière lui.
- Je dois retrouver mon portable, grommela-t-il pour lui même tandis qu'il parcourait silencieusement le corridor vers sa chambre.
Il y parvint sans encombre et poussa la porte du n° 102 avec un soupir de soulagement... De courte durée. Un tête rousse plongea sur lui et le plaqua au sol entre les lits. Bill tenta de se dégager, aveuglé par l'obscurité soudaine et bloqué fermement par son agresseur.
- Tais-toi, idiot ! Laisse-moi t'aider !
La voix, fluette, s'éleva dans l'air et l'androgyne relâcha immédiatement le jeune homme.
- Sam ! Oh, Sam ! Ne leur dit rien ! Par pitié ! Supplia-t-il, désarmé.
- Je ne vais rien leur dire, ne t'en fais pas... Mais j'ai averti ton frère que tu allais avoir des ennuis ! Quitte ce pensionnat et marche vers la ville, il doit t'attendre au croisement, un kilomètre plus bas !
Bill Kaulitz était abasourdi. Son frère ? Comment avait-il pu contacter son frère, Tom !? Il n'en avait jamais parlé !
- Je... J'ai utilisé ton téléphone portable... Pour l'appeler... rougit le rouquin en se reculant. Pourquoi tu es parti ?
Bill vira rouge vif, gêné.
- Eh bien… Disons que, un soir où nous étions seuls… Ca a un peu dérapé… Du coup, on a préféré prendre de la distance un temps…
Il se releva, et demanda :
- Par où je pars ? Il me faut mon portable.
Son compagnon se redressa sans un mot et alla ramasser le téléphone, abandonné dans un coin. Il le tendit à son propriétaire légitime.
- Laisse-moi partir avec toi ! Je veux fuir aussi !
Bill hocha la tête, il lui importait peu que Sam vienne ou non, et finalement, ça simplifierait sa rencontre avec son jumeau de frère ! Sam s'adossa au rebord de la fenêtre et l'ouvrit d'un geste ample, il sortit une corde et la fixa à la porte qui donnait sur le corridor avant de lancer l’autre bout par la fenêtre ouverte.
- Voilà. J'y vais le premier, tu me suis ! Décréta le fugitif d'un ton autoritaire. Et attends que je sois en bas, la corde n'est sûrement pas assez solide pour deux !
L'allemand abdiqua temporairement, il se retourna vers la porte et alla tourner le loquet... Cela ralentirait peut-être ses adversaires...
Kirke !
Il entendit des pas lourds dans le couloir et cessa de respirer... Si Kirke tentait d'ouvrir la porte, il comprendrait directement la supercherie !
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