Rien. Rien que le vent qui balayait la cours déserte et les rêveries de la jeune fille. Ce prince était un goujat.
Elle rouvrit les yeux, chassa ses rêves et reprit sa traversée, sa longue traversée de la cours, sous le soleil brûlant de cette fin d'été.
Ses amies se moquaient de cette manie qu'avait Kenza de toujours rêver. Elle voyait des fées et des lutins un peu partout. N'importe quel passant devenait à ses yeux un espion russe, un mafioso, un artiste maudit.
- Redescend sur terre, ma vieille !
- Oublie ce mec, on s'en fout ! Allez, viens !
Les figures pâles et maquillées de sa bande défilaient sous ses yeux, leurs voix répétaient inlassablement le même refrain.
- Redescend sur terre.
- Ça n'existe pas, les fées.
Kenza devait bien avouer qu'elle n'en savait rien, mais l'univers lui semblait trop grand pour ne pas abriter ce genre de mystère. Elle l'imagination humaine n'aurait pu envisager tant de créatures... imaginaires.
Elle arriva en bas du mur de l'école, un grand mur gris, tâchés de rectangle sombres supposés illuminer l'intérieur du bâtiment.
« Ce château n'a aucune défense... Il est beaucoup trop facile à envahir. »
L'adolescente frappa le mur de son poing fermé, ce qui lui arracha un cri. Merde ! Pourquoi devait-elle toujours rêvasser ?
Elle s'assit par-terre, attendant que quelqu'un arrive.
L'air était doux, les rayons du soleil baignaient la cours vide d'un nuage brillant. A cet instant du jour, l'homme semblait avoir perdu sa maîtrise des événements, et toute la douceur du monde se déversait un peu partout, chassant la nuit et la peur. La grisaille prenait une teinte cotonneuse, le gravier disparaissait sous l'éclat de la rosée. Personne.
Ou plutôt si. Il y avait Kenza.
Et un garçon.
La jeune femme leva les yeux vers l'inconnu qui arrivait. Blond, à peu près son âge, très mince, épaules larges. Il s'interposait entre elle et le soleil, si bien qu'elle ne pouvait que deviner son apparence.
Et il s'approchait.
Kenza eut le temps de noter qu'il portait des converses noires, un jeans délavé, une chemise bleu clair et les cheveux en bataille. Le médaillon qu'il portait autour du cou tinta une fois, brisant le charme du moment.
L'inconnu lui sourit. Kenza n'osa pas réagir.
Comment osait-il arriver en retard ? Tout les monstres étaient partis depuis longtemps.
Elle eût envie de le frapper.
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Elle a envie de le frapper car il est en retard!?