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Plantons le décor

Lundi 25 août 2008


Plantons le décor. Un vague support lisse et clair. Un outil d'écriture quelconque.  Quelqu'un qui gribouille. Un personnage quelconque.
La scène n'est ni originale, ni particulière à un lieu.
Quelqu'un d'autre arrive. il connaît le dessinateur et se penche par-dessus son travail.

 - C'est qui ?

La question qui tue. Mais vraiment. On la pose à un enfant de six ans comme on la pose à un grand. En général, l'intrus prend un air profondément inspiré, contemplant l'ouvrage de l'artiste.

 - C'est personne.

Réponse de circonstance. Le dessinateur n'a plus six ans; il ne dessine plus son papa et sa maman... Léger agacement dans la voix. Oui, l'intrus est le troisième depuis ce matin. Merci, j'ai compris. Et l'intrus de conclure par un "Tu as beaucoup d'imagination" ou un "C'est cool." (suivant l'âge)...

La même scène se répète si le gribouilleur esquisse les traits d'un parc, d'une bâtisse. C'est un mal que les griffonneurs doivent supporter. Et ça serait supportable, si...

Si les gens n'enfonçaient pas plus encore le clou quand le dessinateur en question esquisse une scène, avec dialogue.

Replantons le décor. Papier. Crayon. Gribouilleur de scène. Intrus. Lieu quelconque.
Quelqu'un arrive, drapé dans sa superbe habituelle. Il aperçoit l'autre, qu'il connaît au moins un peu, et s'approche.

 - Tu dessines quoi ?

Suprême intelligence de la question. Lorsque l'ensemble d'éléments devient conséquent, la question devient très très réductrice. Niveau : enfant de trois ans. Par ensemble d'éléments, j'entends naturellement un-deux personnages, une ou deux bulles et quelques mots...

 - Une scène.
 - Tu racontes une histoire ?

En fait, non. La plupart des griffonneurs se contentent de mettre en scène une idée, sans lui donner de suite. A quoi bon l'expliquer, l'intrus ne comprendrait pas. Je dessine pour me défoule. Je dessine ce que je veux. Les enfants dessinent ce qu'ils ne peuvent écrire. Les grands dessinent sans but. Surtout quand c'est dans la marge d'un cahier ou sur le coin d'une nappe...

 - Non.

Effectivement, si le personnage n'est personne, si le lieu n'existe pas et si la scène n'a d'existence qu'en elle-même et ne forme pas un tout bédéesque, la discussion devient stérile.

 - Pourquoi tu dessines ça ?

*Sigh*

Laissons l'intrus à son admiration béate. Et rendons à ce pauvre dessinateur un peu de son droit d'être grand.
Parce qu'il est grand, non ?
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Dimanche 31 août 2008
Posons le décor. Un train. Un wagon deuxième classe habituel. Des voyageurs. Un quidam de sexe masculin en face de moi.
Le quidam a l'oeil vague, il ne fait rien et attend en regardant vaguement les motifs du siège d'en face, ou du sol. Le train s'arrête. Des gens descendent, des gens montent... Bref, ça circule.
Et là, miracle ! Les yeux du quidam se dirigent vers l'allée, regardant droit devant eux... Et plus précisément les filles qui passent, et s'éloignent.
Je sais pas si ils n'arrivent pas à lever les yeux plus haut, mais les quidams comme celui-là sont assez nombreux, et matent exclusivement le cul des filles.
On constate alors que c'est une zone de partage, puisque deux voisins peuvent se partager un derrière sans s'étriper, et que la fille en question ne le saura jamais.
N'empêche, ça rend les déplacements dans le train assez gênants... Est-ce que tout les mecs s'occupent comme ça ?
Si oui, on peut supposer qu'ils préfèrent les régionaux aux directs, vu qu'il y a plus d'arrêts. Et qu'ils favorisent les 2è classes aux wagons premiers classes qui sont des compartiments...
Quand même, c'est assez dingue, comme phénomène... Surtout que c'est répandu, chez les mâles. Et les femelles m'ont l'air immunisées... D'ailleurs, est-ce que je passe mon temps à mater les autres, moi ?
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Samedi 6 septembre 2008
Le dahut, c'est une histoire de chasseur en montagne. Une sale histoire de chasseur en montagne, en fait.
La plupart du temps, on le décrit comme une sorte de bouquetin, vivant dans les mayens... Avec deux pattes plus courtes que les autres. Tout les chasseurs s'accordent sur son existence, mais les scientifiques prétendent que les dahuts ne sont que des bouquetins, vivant dans les mayens... Avec deux pattes plus courtes que les autres.

Ils ont tort, pourtant. Et je le tiens de source sûre. Tout d'abord, un dahut est beaucoup plus vif qu'un bouquetin. Il remarque les prédateurs de loin, très loin... Et est donc très difficile à chasser. Pourtant, le dahut a un point faible... Il a deux pattes plus courtes que les autres.
On ne le répétera jamais assez.
Il suffit de se placer en dessous de lui et de l'effrayer... Pour qu'il se retourne, perde l'équilibre, et tombe. Les montagnes sont en pente. Et Newton ne s'est pas trompé. Donc le dahut tombe. Et accélère. Si bien que quand il s'arrête enfin, il a la nuque brisée et la mort déclarée.

Et si le dahut est si dangereux. Ce n'est pas parce qu'il a deux pattes plus courtes que les autres. Mais parce qu'en tombant, il percute souvent d'innocents promeneurs... Ou d'imprudents chasseurs qui ne se seraient pas méfier.
Prenez garde en montagne, le dahut ne prévient pas... quand il tombe...
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