Chapitre 8

Publié le par Löwely

Thomas s'affairait dans la chapelle, à côté du manoir déserté. Il avait vu disparaître les deux Kaulitz et mettait le point final à sa machination en tout tranquilité. Installant tout son matériel, tantôt sur le sol, sur le sarcophage où dans les interstices des murs.

Il se referrait pour cela à trois vieilles feuilles arrachées à un vieux livres.

Enfin, satisfait de son travail, il promena sa lampe de poche sur le sinistre décor, cochant sur le papier les lignes au fur et à mesure... Puis laissa tomber les feuillets et ressortit de la chapelle.

La haute statue de la Vierge au visage martelé sembla trembler un instant sur son socle lorsque Thomas poussa la lourde pierre de la porte devant l'ouverture. Il remit le cadenas en place et se décida à rentrer chez lui.

«J'espère que Dana aura retrouvé ce crétin ! » songea-t-il en s'enfonçant dans les bois.


Dana patrouillait les bois en courant. Elle arriva finalement à la taverne d'où elle et Bill étaient partis. Elle refit ensuite rapidement le trajet de leur course-poursuite, puis elle s'arrêta à l'endroit où elle avait perdu l'androgyne.

Elle inspecta le secteur et remarqua aussitôt la terre retournée dans un fossé, un peu plus loin.

- Je te tiens, mon mignon ! Sourit-elle.

Et elle suivit avec attention les traces que le jeune allemand avait laissées derrière lui.


Tom et sa mère arrivèrent finalement au village, après une bonne heure de marche. Le jeune rockeur repéra immédiatement le van et alla coller son visage contre la vitre.

- Il y a juste un sac de commissions, et la carte, déchirée.

Sa mère soupira, et désigna un café miteux un peu plus loin.

- Le magasin est fermé depuis longtemps... Et il le sera demain aussi. Bon, allons voir au café si quelqu'un a vu notre fugueur !

Ils entrèrent dans le petit café, et furent aussitôt frappé par l'odeur de cigarette froide et l'obscurité du lieu. La pièce était petite et très sombre. Il n'y avait en tout et pour tout que deux petites tables et un bar sale où deux hommes étaient accoudés. La décoration était inexistante et laissait le papier peint aux motifs veillots agresser le regard. Les deux marcheurs poussèrent la porte et s'approchèrent du bar, évitant les chaises en osier.

- Excusez-moi, auriez-vous vu mon fils ?

- Qui êtes-vous ? Rétorqua l'un des clients.

- Je m'appelle Simon Kaulitz, je cherche mon fils. Il a 18 ans, un look androgyne et il est allé faire des commis ce matin au magasin... Il n'est pas rentré depuis.

- Bah... Que voulez-vous qu'il lui arrive, ici ! Vous savez, il y a jamais personne qui vient ! On ferme même pas nos maisons à clefs, on laisse nos clefs de voiture sur le contact. Qui voudrait du mal à votre fils ?

Mme Kaulitz soupira, recrachant l'air pollué du bar de ses poumons.

- L'avez-vous vu ?

- Non, intervint le barman. Mais vous devriez aller sur la grande place. Demandez aux jeunes, puis allez voir au bar de « La Dame de la Forêt » ! Au revoir.

- Bien, merci.

Et les deux allemands ressortirent précipitamment, avant de s'asphyxier définitivement, ou de se faire lyncher.

- Sympa, l'accueil. Bon, allons voir cette place, décida Tom en se dirigeant vers la voiture.

- Et si Bill a besoin de la voiture ?

- On va le retrouver et on rentrera tous ensemble !

LA DAME DE LA FORÊT
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