Chapitre 11
Le matin se leva lentement, prometteur de drames et de dangers imminents. Une épaisse brume envahissait la forêt, enfermant trois étranges personnages dans un cabanon des bois.
Un grand blond aux allures de mannequin répondant au nom de Thomas, avait conçu quelque plan étrange pour appâter une âme damnée. Sa sœur, charmeuse et dégourdie, dormait tranquillement, ne laissant rien transparaître de sa détermination et de son courage. Leur prisonnier était un jeune homme de 18 ans, habillé tout de noir et de façon très féminine. Il était encore endormi, mais ses membres liés allaient mettre sérieusement à l’épreuve son optimisme et son calme…
Et justement, Bill Kaulitz se réveilla à cet instant. Il ne vit tout d’abord rien, puisque les rayons du soleil ne perçaient pas les nuages. Il tenta de se redresser mais ne parvint qu’à tomber du canapé. Il jura violemment, réveillant Thomas du même coup.
A cet instant, les regards des deux jeunes gens se croisèrent. Défi.
- Thomas ! s’écria l’androgyne, éberlué. Mais… Que ?
- Bonjour, Bill.
Le prisonnier faillit s’étrangler de rage.
- Enfoiré ! Pourquoi m’as-tu ligoté ? Et Dana, c’est ta copine ?
- C’est ma sœur, mon mignon. Tiens, je veux te lire un texte très intéressant.
Un lointain prédécesseur de notre curé recueillit une petite fille de cinq ans environ qui s’était perdue dans la forêt. Elle parlait toujours d’une grande dame très belle, qui l’avait saluée dans la forêt, mais elle ne se souvenait pas de sa famille. Le curé l’avait recueillie et éduquée en même temps que les autres garçons du village. Très tôt, la fillette montra un vif intérêt pour le dessin et les bâtiments. Elle voulait construire des églises et de belles maisons.
- Relâche-moi, connard !
D’abord amusé, le curé finit par désapprouver les rêves de sa protégée, mais elle se montra si douée et si entêtée que le vieil homme finit par l’envoyer étudier en ville. Il lui apprit à se travestir, ce qui n’était pas très difficile vu qu’elle n’avait fréquenté que des hommes jusqu’à ce moment. Il la recommanda à un maître architecte renommé et la laissa partir.
Après quelques années, un jeune homme architecte…
- Laisse-moi partir ! Tu m’as kidnappé pour me lire des contes ? C’est puéril ! En fait, tu n’es qu’un imbécile arriviste qui a tellement honte de sa copine qu’il n’ose pas la montrer !? Tu espères avoir une rançon ? Tu n’as aucune chance ! hurla Bill, enragé.
Dana sortit brusquement de la pièce. Elle eut juste le temps d’écarter Thomas qui tentait d’étrangler l’allemand. La blonde repoussa violemment son frère.
- Tu as dit qu’il ne fallait pas l’amocher ! Laisse-le ! ordonna-t-elle.
Son frère obtempéra à contrecœur, réalisant la bourde qu’il avait failli commettre. Brutaliser l’androgyne pouvait mettre son plan en échec. Il se recula, alla chercher un bâillon et bloqua la bouche du captif, en serrant bien fort…
Satisfait, il s’assit à table et se mit à manger, sous le regard de Bill.