Chapitre 18
Le galetas était presque complètement vide, à l’exception de quelques nids d’oiseau. Il tomba finalement sur une tout petite malle, coincée dans un coin. Il l’ouvrit et en sortit une très vieille robe défraîchie. Il la sortit et la tint devint lui.
La robe était très douce, et de grande qualité.
- Elle a dû appartenir à une Dame exceptionnelle, songea-t-il.
A cet instant, un petit morceau de papier tomba d’une des dentelles et se posa doucement sur le sol. Tom lâcha la robe et saisit le papier avec avidité.
Quelque chose lui disait qu’il touchait au but !
18 Mars 1941
Les nazis sont en train de fouiller le manoir. Heureusement, ils ignorent si je suis là où pas… J’espère qu’il n’arrivera rien de mauvais à mes protecteurs. Ils ont pris tellement de risques.
Pour tromper l’ennui, j’ai commencé à lire un livre de légendes. La plus intéressante concerne la chapelle qui est tout près. Elle parle d’un androgyne qui devra être sacrifié dans la chapelle et d’un fantôme qui hanterait ce manoir…
Et justement, j’ai croisé une âme dans le corridor, l’autre soir. Je n’arrivais pas dormir à cause de la pleine lune et je l’ai vue qui longeait les murs avec une figure triste. Mais je n’aurais su dire s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme. En plus, j’avais beaucoup bu, alors peut-être que ce n’était qu’un rêve.
Il semblerait que les SS repartent… Je dois pouvoir descendre maintenant.
Aimé Lefranc.
Bill s’arrêta pour faire une pause. Il se trouvait à proximité de plusieurs rochers moussus et il songea sérieusement à rebrousser chemin avant de se perdre définitivement.
Un hurlement de chien déchira le silence ambiant, glaçant le fugitif jusqu’au sang.
- Thomas a un chien ? haleta-t-il.
Il se rendit compte que le blond n’aurait plus aucune peine à le retrouver. Il observa les arbres alentours et réalisa brusquement qu’il avait encore une chance.
D’un bond souple, il grimpa sur un premier rocher, puis sauta sur un deuxième et ainsi de suite. Les blocs étaient hauts, et il faillit tomber à plusieurs reprises. Finalement, il arriva jusqu’à ce qu’il cherchait : une rivière qui serpentait à vive allure entre les reliefs du terrain. Il sauta à terre et alla se tremper dans l’eau.
Ainsi, le chien perdrait sa trace. Satisfait, Bill suivit le courant, trébuchant régulièrement.