Chapitre 16

Publié le par Löwely

Thomas entraînait toujours Tom avec lui, il passa une première porte, puis une seconde et s'immobilisa au pied d'une longue échelle... qui n'avait aucune raison d'être là !

Dérouté, le blond entreprit de scruter l'ouverture béante dans le plafond de la bibliothèque. Pourquoi quelqu'un était-il monté là-haut ? Le majordome ignorait tout des noirs projets de ses compagnons, il était grassement payé et cela lui suffisait.

Il mit ses mains en porte-voix et appela :

- Il y a quelqu'un ? Ohé !

Un coup sourd fit trembler les lampes et les murs. Visiblement, il y a avait quelqu'un, et ce quelqu'un ne l'attendait pas. La tête bouffie du directeur passa par la trappe.

- Thomas ! Que faites-vous là ?

- M.... Monsieur le Directeur ? Excusez-moi, j'ignorais que c'était vous... bredouilla le fautif, terrifié.

- NE ME DERANGEZ PAS SANS BONNE RAISON ! martela son supérieur, furieux.

- Mais... Je... Je vous amène le frère du nou... nouveau, Bill !

Thomas réalisa brusquement deux choses : Bill devait être la proie d’un étrange complot, et surtout, Tom n'était plus là !

Il se retourna, livide, mais ne vit personne à ses côtés.


Bill avait repris conscience, péniblement. Ses membres le faisaient souffrir et il ne voyait plus que d'un œil. Il tenta de bouger ses poignets mais ceux-ci étaient fermement attachés et il dût rapidement renoncer, impuissant. Sa situation lui rappelait son séjour à l’infirmerie… Mais il doutait de s’en sortir sans casse, cette fois…


Aidé de la faible lumière de la lune, Sam ligotait soigneusement un Kirke évanoui et désormais inoffensif. Il s'appliquait à serrer étroitement les liens autours de ses poignets et de ses jambes. Curieusement, il s'appliquait pareillement en tout, que ce soit pour écrire un brouillon, pour ranger impeccablement sa chambre ou pour attacher un géant blond et méchant dans un parking plongé dans l'obscurité.

Il jubilait.


De son côté, Tom courait ventre-à-terre dans le couloir du premier étage. La peur lui coupait le souffle et il avait retrouvé des instincts animaux : fuir, survivre.

Son frère lui était temporairement sorti de l'esprit. Temporairement. Il trouva finalement refuge dans un placard vide et s'assit dans la poussière, tremblant.

- Bill ! Oh, Bill ! Was passiert hier!? Hilf mir, bitte.


Le Directeur avait recommencé à fouiner dans son coin sombre à la recherche des outils adéquats. Sous les combles, l'obscurité était presque totale et la poussière en suspension voilait l'éclairage de la lampe de poche. Couvert de suie, il ouvrait et repoussait successivement les cartons qui se présentaient à lui. De temps à autre, il dénichait un dossier, une mallette ou un autre objet qu'il fourrait dans un panier avant de reprendre sa tâche.


Thomas arpentait les couloirs de tout le bâtiment, ouvrant les portes à la volée.

- Enfoiré ! Reviens si t'es un homme ! Allez ! REVIENS !

Fou. Il était devenu complètement fou, ivre de rage.

Il arriva devant la porte arborant le chiffre 102 et envoya un coup de pied dedans. Silence. Il crut distinguer un gémissement.

- Bill ? C'est toi ?

Sa voix tremblait et il hésita à entrer.

-Tom... Hilf... entendit-il.

D'un coup décidé, il propulsa tout son corps dans la porte et s'écroula sur le sol de la chambre. Bill le regarda arriver avec un œil rond de stupeur - l'autre refusant de s'ouvrir.

- Je te cherchai ! siffla le majordome en se relevant.

LE ROMAN
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article