Chapitre 18

Publié le par Löwely

Sam patientait toujours, assis dans le van. Kirke avait repris connaissance et l'injuriait furieusement... Mais son gardien ne s'en occupait pas : il avait vu quelqu'un entre dans la chambre, puis une ombre en frapper une deuxième, et il craignait pour la vie de Bill...

D'ailleurs, il ignorait où le frère de ce dernier se trouvait...


Justement, quelqu'un venait d'ouvrir la porte à Tom. L'allemand bondit hors de sa prison et se rua vers le nouveau venu pour l'immobiliser.

Le Directeur roula à terre, le souffle court. Son immense ventre et ses vêtements trop neufs l'empêchèrent de se relever rapidement.

- Qui êtes-vous ? Que faites-vous enfermé dans ce placard ? Balbutia-t-il.

Tom le regarda avec de grands yeux, sans comprendre.

- Drinnen ! Dedans !

- Vous n'êtes pas français ! Allemand, peut-être ! Oh, je sais, vous êtes le frère du nouveau... Le f...

Tom fit rouler le directeur dans le placard, le força à y rentrer complètement – ce qui ne fut pas une mince affaire, même si le jeune dreadé était plus fort que son aîné – et referma la porte avec satisfaction.

Retour à son principal objectif : Bill.

Il se dirigea tout droit vers la chambre 102.


Bill ne parvenait pas à faire un pas, il regardait, l'œil vague, Thomas... Il entendit des pas et leva son œil intact vers Tom... Tom qui arrivait enfin pour l'aider, pour le sortir de là.

- Du...

Il tenta d'esquisser un sourire, mais ne put que grimacer de douleur. Misère. Il était bien mal en point.

Son frère le hissa sur ses épaules et repartit cahin-caha, portant avec douceur son précieux fardeau. Il traversa le couloir sans rencontrer âme qui vive et sortit finalement sans encombre du bâtiment.


Sam vit clairement les jumeaux qui arrivaient. Il sourit et alluma le moteur. Tom installa son frère sur la banquette arrière et s'assit à ses côtés.

- On va, ordonna-t-il.

Sam, improvisé chauffeur pour l'occasion, mit les gaz et le véhicule s'éloigna rapidement des lieux du drame... La nuit engloutit le pensionnat du Pic Glacé, libérant les trois jeunes gens de leurs angoisses...

C'est fini. Fini pour de bon.


Dans le coffre, Kirke s'étranglait toujours de rage, il hurlait à pleins poumons et se débattait avec furie... En vain. Il avait été soigneusement attaché et personne ne viendrait le délivrer.

De plus, les trois autres occupants du véhicule ne lui prêtaient aucune attention.

Tom pansait les plaies de son frère.

Sam conduisait le van, scrutant soigneusement la route pour éviter de secouer les passagers.


L'aube ne tarderait pas à arriver.


LE ROMAN
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