Chapitre 11

Publié le par Löwely

Bill passa la tête dans l'entrebâillement de la porte : personne. Il évalua rapidement les lieux, lista les issues possibles et se mit à la recherche de la meilleure cachette.

Il fit une dizaine de pas dans le noir et se retourna. Il pourrait allumer et trouver le meilleur refuge possible. Et si quelqu'un entrait entretemps ? Il se méfierait.

L'allemand imagina Kirke, flanqué de Sam et de quelques autres acolytes, qui discutaient de la meilleure façon de le torturer. Il frémit à cette idée et força le pas.

Enfin, la solution lui apparut. Il remarqua une trappe au plafond et décida de se cacher non loin de là.


Quelques secondes plus tard, la lumière envahit la pièce et cinq silhouettes s'avancèrent entre les bibliothèques... Kirke, en tête. Sam, tout derrière. Thomas. Et deux autres brutes.

L'allemand, depuis sa cachette, déglutit avec difficulté. Qu'est-ce que Thomas faisait avec eux !?

Pourquoi ? Pourquoi ?

Il serra violemment le bas de l'étagère contre laquelle il se tenait et celle-ci grinça. Surpris, il recula et se cogna contre le bureau qui le protégeait de la vue des autres. Un léger son se propagea dans l'air, brusqué par les mouvements des cinq jeunes hommes. Seul Sam le perçut et il tourna légèrement la tête dans la direction de son colocataire... Il comprit immédiatement la situation, et se laissa distancer par la troupe.

« Bill ? Va-t-en ! » articula le rouquin sans faire de bruit.

Non. Je ne partirai pas.

Bill se réinstalla dans sa cachette et entreprit de guetter les intrus.

Kirke s'avançait, parfaitement à l'aise, royal même dans son costume bleu nuit. Thomas n'avait pas quitté son éternel complet de majordome blanc, on aurait dit un ange parmi des humains. Il lui tournait le dos. Quant à Sam, il était nerveux, très nerveux, et Bill savait pourquoi...

Tranquillement, il désigna une trappe au plafond et ordonna à Thomas d’aller chercher « la perche ». Bill regardait, hypnotisé, la plaque au plafond. Ce sont les combles dont il était question dans le message.


- IL A DISPARU !

Les mots brisèrent le silence tandis qu'un sixième personnage, plus vieux et grotesque, faisait irruption dans le lieu. L'allemand sursauta à nouveau, mais évita tout de même de faire du bruit inutilement.

Kirke se mit immédiatement en colère.

- Vous êtes un incapable ! Votre mission était simple, pourtant ! Retrouvez-le ! RAMENEZ-LE-MOI !

Il s'étouffa de rage et interrompit son hurlée pour reprendre son souffle. Vivement, les deux brutes, Thomas et l’oiseau de mauvais augure - c'est-à-dire le directeur -disparurent... à sa recherche.

La peur tenaillait le ventre du pauvre fugitif. C'est lui qu'ils cherchaient. Lui. Il en avait la certitude !


Les minutes s'égrenèrent, angoissantes. Tic, tac. L'androgyne scrutait furieusement l'horloge qui indiquait imperturbablement l'heure. Tic, tac. Les livres dormaient sur leurs étagères. Tic, tac. Kirke écumait de rage en marchant de long en large, furieux. Tic, tac. Sam se rongeait les ongles nerveusement. Tic tac. Thomas et les autres revinrent.

- Rien.

- Nada.

- Chou blanc.

- Échec.

Kirke se mit presque à courir sous le choc.

- QUOI ? VOUS OSEZ REVENIR SANS LUI ? VOUS ÊTES MORTS, BANDES DE LARVES ! JE VOUS ENVERRAI BRÛLER EN ENFER ! ET TOUT DE SUITE !

L'enragé suédois saisit un dictionnaire et le lança sur l'un des fautifs. Bill entendit clairement l'épais ouvrage entrer dans le ventre de sa victime qui poussa un petit hurlement en s'écroulant.

Mais Kirke n'en avait pas fini, il prit un deuxième livre, puis un troisième et s'acharna sur les quatre hommes qui n'osaient pas réagir.


Finalement, sa colère retomba et il abandonna là ses victimes pour aller chercher quelque chose, Sam sur les talons.

Bill respira un grand coup et en profita pour se ménager un peu plus d'espace. Il vit quatre corps gisant inanimés sur le sol et sa peur se transforma en terreur.

Il devait fuir. Il le fallait. Et maintenant !


LE ROMAN
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