Chapitre 14
- Qui es-tu ? Tom ? Tu es le frère de Bill ! C'est incroyable ! Oh la la ! Mais ils viennent de capturer Bill, ils veulent... Ils veulent une rançon ! Oui, c'est ça ! Une rançon !
- Inkrooooyable !? Répéta Tom Kaulitz, éberlué.
Son niveau de français était bien moins bon que celui de son jumeau et là, il était visiblement complètement largué.
- Où est Bill ?
- Il y a Kirke, une brute, qui l'a capturé et qui ne le rendra que contre une rançon, contre de l'argent. Tu comprends ?
- Geld !? … WAS ?
Cette fois, Tom avait percuté, il oublia le rouquin et dirigea son regard vers la fenêtre encore ouverte.
- Comment je fais pour aller lui aider ?
- Ils veulent l’emmener pour faire quelque chose… Une histoire de rançon, de malédiction… Je n’ai pas compris… Mais il leur faut Bill !
- Bill… Pourquoi ?
- Parce que Kirke veut de l'argent ! Enfin, je suppose. Mon p... Le directeur l'aide... Et moi je suis bloqué ici à cause de lui.
Sam soupira, se leva et se dirigea vers la voiture, la tête basse.
- Où vas-tu ? demanda abruptement Tom.
- Je n'y retourne pas, c'est trop dangereux ! J'en ai marre, moi.
Le jeune rockeur abandonna le froussard, remit sa capuche en place et se dirigea vers la lourde porte d'entrée que Bill avait franchie quelques jours plus tôt.
- Sei mutig, Bill ! Ich komme !
Dans la chambre, l'atmosphère était des plus tendues. Bill gisait sur le sol, les mains attachées dans le dos, les vêtements déchirés et maculés de sang. Kirke s'était efficacement défoulé sur lui, les yeux emplis de haine.
- Salope ! Chienne ! Répétait-il entre ses dents alors qu'il le frappait violemment.
L'allemand avait perdu connaissance et il se résignait déjà à son triste sort.
Après un temps infiniment long, le suédois abandonna sa victime et sortit dans le couloir. Son prisonnier était proche du coma et solidement fixé au lit, il ne craignait pas de le voir s'envoler !
Tom poussa la porte et se glissa dans le long couloir marbré. La porte d'entrée était ouverte et toutes les lampes étaient allumées. Il y avait anguille sous roche.
Il accéléra et traversa le corridor d'un pas anxieux. A priori, il devait monter au premier. Et si Bill avait été emmené ailleurs ? Il traversa presque en courant la distance qui le séparait de l'ascenseur et du bureau du directeur.
Des pas.
Il poussa la première porte disponible, en chêne, et se réfugia dans une pièce sombre et referma la porte derrière lui.
- Je l'ai eu ! Il a morflé, le sale clebs !
- Où tu l'as laissé ?
- Dans sa piaule ! Allez, on passe à la suite.
- Va chercher le bus ! Le rouge, hein ! Je vais prendre le matériel !
Quelque pas, des bruits sourds. Puis le silence.
Tom s'écarta du mur contre lequel il était plaqué et percuta l'angle d'une table.
Il jura et s'immobilisa, perdu dans l’obscurité.
LE ROMAN