Chapitre 8

Publié le par Löwely

Bill Kaulitz était de nouveau seul dans sa chambre. Sa solitude retrouvée ne le gênait plus du tout et il en profita pour faire le point sur tous les événements qui avaient parsemés son quotidien depuis une près d’une semaine.

Il revit d’abord Tom, leur soirée et leur dispute. Il pensa à sa mère qui n’avait rien compris à son départ et à sa culpabilité en quittant la maison.

Puis ses pensées se tournèrent vers cet étrange pensionnat français où les blonds faisaient la loi et ou le directeur n’avait pas sa place.

Le directeur. Il se remémora la figure grotesque du personnage et rit doucement. Sûrement, cet homme n’était pas le vrai gérant de l’établissement… Mais alors, qui était-ce ?

L’allemand se perdit un moment en conjonctures, toujours plus farfelues, puis abandonna le sujet. Non, Brad Pitt ne dirigerait jamais l’internat du Pic Glacé.

L’androgyne était redevenu calme, serein. Avoir mangé l’avait apaisé, il repensa à Thomas et à ses oublis continus. Il avait désormais un allié de poids ici, et tout finirait par s’arranger.

Il se blottit sous les couvertures et s’endormit.


Mme Delerive réveilla Bill le lendemain. Pour la peine, elle avait troqué sa tenue de gym pour un complet discret et assorti à ses boucles auburn.

- Debout, jeune paresseux ! Je veux des explications !

Bill mit quelques secondes à percuter. Il commença même à paniquer et mit dix bonnes secondes à retrouver un semblant de calme.

- Hi... Hier matin, Sam m'a traîné dans le corridor et Kirke m'a roué de coups. Puis ils m'ont frappés avec la balle… à plusieurs reprises…pendant le cours... Et... Et voilà.

L'allemand avait le souffle court, il était tétanisé. Dans son état, il aurait été bien incapable d'argumenter plus et préféra se tasser dans son lit en attente du verdict.

- Oui, ce n'est pas une école de tendres... En général, les gens ne demandent pas à y être inscrits...

Elle transperça l'androgyne du regard.

- Vous êtes un curieux personnage... Méfiez-vous de tout le monde, ici ; les apparences sont trompeuses. Même vos alliés peuvent se retourner contre vous !

Après un long silence, elle conclut :

- Quoi qu'il en soit, vous pouvez venir me voir si vous avez un problème. Je tâcherai de vous aider, mais soyez fort et battez-vous !

La prof de gym sortit, laissant un Bill effaré derrière elle. Il s'attendait à un sermon, pas à des menaces... Est-ce qu’elle parlait de Sam ? De Thomas ? Non !

Il se redressa sur son lit et constata que son bras était infiniment plus léger : à la place du lourd plâtre de la veille, il avait maintenant une attelle bleue. Qui s'amusait donc à lui changer son plâtre pendant la nuit ?

L'impression d'être observé en permanence s'insinua dans son esprit... Il la chassa rapidement. Demain Tom serait là, et ils pourraient s'expliquer. En attendant, il lui restait encore plusieurs dizaines d’heures maximum à passer ici, et il comptait bien rester vivant.


Thomas débarqua dans la pièce tout fringant.

- Il paraît que l'isolement est fini ! Tu vas pouvoir retourner en classe ! Tu as faim ?

Il s'approcha du jeune convalescent et lui sourit tranquillement. Son regard exprimait une vive impatience.

- Alors ? Je t'amène quelque chose à manger ?

- Euh... Non, ça ira...

Bill était gêné par les déclarations de Mme Delerive… Est-ce que Thomas préparait un coup fourré ?

Son cœur se serra et il sortit de son lit, mettant de l'espace entre le majordome et lui.

- Delerive m'a dit de faire attention, se dit-il. Eh bien je me méfierai de Thomas !

Hélas, il ne savait pas s'il agissait ainsi par lâcheté ou si c'était la bonne solution, et ça le perturbait beaucoup.

LE ROMAN
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